19/04/2007

Segolène et Nicolas , Nicolas et Ségolène ?

1598218

 

Comme annoncé depuis l'investiture de la madonne socialiste , on se dirige malgré un dernier baroud de François Bayrou vers le choc pronostiqué (et monté de toutes pièces diront des esprits simplistes) par les médias .

 

En fait les deux représentants des deux plus importantes (en nombre de militants) formations politiques de l'hexagone , ont un adversaire commun : le candidat centriste . La présence de ce dernier au deuxième tour serait synonyme par Marie-Ségolène et Sarközy de Nagy-Bocsa de cuisante défaite , tout autant en terme d'humiliation personnelle que dans les chiffres . Ce deuxième tour aura donc la particularité de voir , probablement , deux candidats qui seraient renvoyés par l'électeur si le troisième larron pouvait maintenir sa candidature contre l'un ou l'autre .

 

Après 5 ans d'un Président pour cause de beau temps , les français vont donc se retrouver avec un chef d'Etat par défaut . Et si l'on se fie au rapport de force droite-gauche en France actuellement , le candidat honni par toute la gauche et bien sûr l'extrême-gauche a de fortes chances de se retrouver investi au poste suprême .

 

C'est un autre paradoxe , il est de fait que le tout contre Sarko est à la mode Outre-Quiévrain , notamment  au sein du PS ; et que la meilleure chance de ne pas voir Sarkozy de blablabla à la place qu'occupe Chirac , c'est...de ne pas voter PS ! Mais de voter Bayrou et Non Marie Royal, contrairement à ce qu'a pu prêcher Colombani  . Voilà donc en termes clairs le dilemne qui se pose aux électeurs traditionnellement PS , ou envoyer Ségolène au deuxième tour et prendre un très gros risque de la voir se faire rétamer par Nicosarko , ou éviter Sarko président à coup sûr en donnant les clefs de la maison à Bayrou .

 

Voilà donc la façon dont je vois les choses ; la meilleure chose pour éviter Sarko vainqueur c'est voter Bayrou .

 

On verra dimanche, à plus,

 

c'est celà oui . 

18:33 Écrit par 0 dans Général | Lien permanent | Commentaires (20) |  Facebook |

Commentaires

jean le centriste et voilà, pour éviter la droite (Sarko...)....votez pour la droite (Bayrou...)....plutôt que pour la droite déguisée (Royal...)....quelle belle démocratie nous avons là...la façon dont tu vois les choses, c'est justement ce dont rêve depuis toujours tes amis conservateurs...la démocratie réduite OUVERTEMENT à un affrontement droite-droite...ce qu'elle est déjà dans les faits(du moins en France...) depuis longtemps...mais qui grâce à des raisonnements comme les tiens (enfin, les tiens, il y a des lustres que cette idée a été dévellopée par la moitié du PPA...) sera bientôt devenu la norme acceptable...

Écrit par : quaeps | 20/04/2007

quaeps libre à qui le veut de voter Besancenot, Le Pen , Voynet, Bové ou Schivardi . Pour dimanche je ne les vois pas au second tour (mais je me trompe peut-être) .
Je ne parle pas d'un choix , je fais un pronostic (et je trouve sur base de ce prono, des paradoxes, c'est encore mon droit). La différence paraît évidente .

Écrit par : jean | 20/04/2007

jean turner ahhhh, les vertus du "réalisme politique", quoi de mieux pour mener dirrectement à ton cher TINA....
pronostic qui à l'avantage d'aller dans ton sens(vers la droite...) et qu'on repris tous les partisans de la "raison"....
désolé, mais cette foutue communion me voit dans l'obligation de déplacer mon ordi et ainsi de mettre un terme à cette leçon...

Écrit par : quaeps | 20/04/2007

quaeps je ne dis pas qu'il n'y a pas d'alternatives, je dis que dimanche ce ne sera pas le grand soir pour Schivardi ou De Villiers ; si ton avis diffère donne-le . Je n'ai pas dit que la raison impose de voter pour Segosarkobayrou .; tu confonds même "raison" et "avoir raison" .
Pas de problèmes, je reprendrai lundi .

Écrit par : jean | 20/04/2007

jean khan "Voilà donc la façon dont je vois les choses ; la meilleure chose pour éviter Sarko vainqueur c'est voter Bayrou "

"Je n'ai pas dit que la raison impose de voter pour Segosarkobayrou"

cohérence quand tu nous tiens....

Écrit par : quaeps | 20/04/2007

quaeps C'est juste réaliste, on est à 1 jour de l'élection et je vois mal Nihous ou un autre faire une percée significative...Il n'y a que toi pour ne pas comprendre le sens de la phrase , métaphore sur 2 pattes .

Écrit par : jean | 21/04/2007

jean le réaliste On peut être de droite, penser "Tout sauf Sarkozy" et choisir de voter Bayrou au premier tour. On peut être de droite, ou pas d'ailleurs, se sentir une forte proximité avec le projet politique de Bayrou et voter pour lui au premier tour. Mais ce qui me semble une aberration est de se sentir de gauche et d'adopter cette forme nouvelle de vote utile consistant à anticiper sur les résultats du second tour pour voter Bayrou parce qu'il serait le seul en mesure de battre Sarkozy.


Une nouvelle forme de vote utile :

Ce qui jusqu'à aujourd'hui était nommé vote utile consistait à renoncer à voter au premier tour pour le candidat le plus proche de ses idées au motif qu'il n'aurait aucune chance de figurer au second tour. C'était choisir alors d'exprimer un choix utile afin de favoriser la présence au second tour d'un candidat de "second choix". Il s'agirait donc maintenant, considérant des sondages de second tour, réalisés alors même que le premier ne s'est pas encore déroulé, de se reporter sur un candidat de "troisième choix" afin d'éviter la victoire du "quatrième choix" !?



Où va la démocratie ?

Déjà en 2002, nous avions pris la responsabilité de voter à droite au second tour afin d'éviter l'élection du candidat de l'extrême droite. Il nous faudrait donc maintenant voter à droite dès le premier tour afin d'accroître - croit-on savoir [sic] - les chances d'éviter l'élection de l'autre candidat de la droite... S'il s'agissait la première fois de défendre la démocratie, le bouchon est poussé cette fois si loin que nous ne serions pas loin d'aboutir à l'inverse : un dévoiement de la démocratie, la gauche n'ayant en France d'autre utilité électorale que d'arbitrer entre les candidats de la droite.

La droite a-t-elle des responsabilités ?

Il faut battre Sarkozy, nous en sommes d'accord. Mais nous avons deux tours pour y parvenir. Battre Sarkozy dès le premier tour, c'est de la responsabilité de la droite : qu'elle choisisse son candidat, la gauche choisira le sien. C'est bien à cela que sert un premier tour : choisir. Et au second, on élimine : si Sarkozy est encore dans la course, parce que la droite l'aura choisi, la responsabilité de battre Sarkozy se reportera alors sur l'ensemble des Français. Tel est le processus démocratique qu'il nous faut respecter.



A chaque tour sa campagne :


Il s'agit pour l'heure d'une campagne de premier tour, première étape du processus démocratique et qui a son importance. Il s'agit que les candidats présentent leurs projets et que les électeurs, sur la base de ces projets, et éventuellement des chances respectives des différents candidats d'accéder au second tour, de choisir qui accédera effectivement au second tour. Il est essentiel au débat démocratique que ce premier tour se déroule. Or opter pour un vote pseudo-utile à trois bandes revient à se projeter directement dans le second tour et occulter le premier et les débats qui doivent s'y tenir. C'est se placer dans ce temps médiatique qui digère tout avant même de s'être nourri, au détriment du temps démocratique qui devrait s'imposer à nous, un tour après l'autre.



Les sondages en question :

Nous savons maintenant, parce qu'il y a eu le 21 avril, parce qu'il y a eu le référendum sur le Traité constitutionnel européen, parce que depuis quelques semaines l'alerte est donnée - voir en particulier le site des sondés menteurs -, nous savons combien il faut de manière générale être méfiant à l'égard des sondages. Nous savons que les mesures des intentions de vote concernant le premier tour, non seulement devraient être regardées avec des marges d'erreurs de 4% en sus et en moins, mais également que les techniques utilisées pour redresser les données sont elles-mêmes plus que douteuses. Nous savons qu'il nous faut prendre les résultats des sondages concernant le premier tour des élections avec beaucoup de prudence et même de suspicion. Nous savons ainsi qu'à l'heure actuelle, il est tout à fait impossible de dire qui de Jean-Marie Le Pen, Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Ségolène Royal arriveront en tête.

Nous savons tout cela et pourtant nous irions accorder la moindre crédibilité à des sondages portant sur un second tour avant même que la campagne de premier tour n'ait eu l'occasion d'aller à son terme ? Ce serait tout de même très étrange, et c'est oublier qu'au lendemain même du premier tour, le 23 avril au matin, tout aura été chamboulé, des dynamiques auront été créées, une situation politique nouvelle sera apparue et une nouvelle campagne débutera. Les cartes auront été redistribuées et seuls les sondages qui prendront en compte cette nouvelle situation seront en mesure d'obtenir une quelconque crédibilité.

Les sondages sont aujourd'hui dans l'incapacité de rendre compte d'une réalité politique qui n'existe pas encore. Il serait parfaitement aberrant de déterminer son vote de premier tour sur de telles bases : des mesures concernant une opinion qui ne s'est pas encore formée à propos d'une réalité qui n'existe pas encore. Aberrant et politiquement irresponsable.

La gauche n'a en réalité d'autre solution que de croire en elle-même, c'est-à-dire en sa capacité à mettre Ségolène Royal en situation de battre Nicolas Sarkozy au second tour. Sa seule chance est que cette campagne-là, celle du second tour, ait bien lieu - et il sera temps alors de jeter un rapide coup d'oeil sur les sondages. D'ici là, l'évidence est que ces sondages de second tour n'ont absolument aucune signification... et diffusent doucement l'âcre odeur de la manipulation !

Ne nous y laissons pas prendre. Ce serait une fois de trop...


Bayrou, candidat inutile ?

Il reste ceci, cependant. J'ai été de ceux qui, s'emballant sans doute un peu trop, ont cru à l'éventualité de la présence d'un Bayrou au second tour. Non pas en imaginant qu'il passerait devant Ségolène Royal, mais parce que j'avais pensé que la droite finirait par le préférer à Nicolas Sarkozy. Il semble que la droite ne soit pas si responsable, ou ne parvienne pas à réaliser combien Sarkozy est dangereux pour la France. C'est en tout cas ce que semblent indiquer les derniers sondages : pour BVA, Bayrou n'obtient plus que 17% des intentions de vote, contre 21% une semaine plus tôt, tandis que dans le même temps IPSOS quotidien lui accorde 18,5% là où il en obtenait 24.

Une telle situation, si elle perdurait et s'amplifiait, aurait pour le moins l'avantage de clarifier un peu les choses en décrédibilisant par avance l'éventualité de la présence au second tour d'un candidat dont on voudrait aujourd'hui nous convaincre qu'il serait un rempart plus crédible que ne le serait celle qui deviendra la candidate de la gauche. Incapable d'atteindre le second tour, il sera plus facile à plus de citoyens de se convaincre que voter Bayrou est tout à fait inutile - sinon pour les électeurs de droite à faire battre Sarkozy dès le premier tour.

Mais la droite sera-t-elle capable d'un tel sursaut, sachant que Bayrou adopte une stratégie contraire en feignant de n'en être point ?

Écrit par : quaeps | 21/04/2007

quaeps C'est beau comme du Colombani...

Article intéressant ?
69%non 31% oui

Pauvre Dédalus

Écrit par : jean | 21/04/2007

jean l'inculte des articles qui pulvérisent ton raisonnement basé sur des sondages sans valeurs, il y en a des dizaines, et MEME DE TRES MAUVAIS JOURNALISTES DU PPA n'ont pu faire que le ridiculiser, sinon, ça se verait trop...évidement, toi....

Écrit par : quaeps | 21/04/2007

quaeps on verra demain ; la seule possibilité plausible pour demain que je n'évoque pas c'est la présence de Le PenLe Pen (qui est le seul à pouvoir s'immiscer dans le tiercé de tête , mais sa participation au deuxième tour fait de l'autre candidat le président de la République dès demain) .
Si il ne font pas (ces 4 là) 1,2,3,4 dans n'importe quel ordre, j'aurai eu raison et toi tort .

Écrit par : jean | 21/04/2007

quaeps si ils font 1,2,3,4 dans n'importe quel ordre...

Écrit par : jean | 21/04/2007

jean le devin... ton souhait ET pronostic...c'est du vent, comme toi...perdu...

Écrit par : quaeps | 22/04/2007

quaeps mon souhait c'était Bayrou contre n'importe qui (Sarko, Besancenot, Nihous ou Bové,...), raté .
Mon pronostic était juste (pas grand mérite , il suffisait de lire un sondage, seuls les scores surprennent un peu pour certains, plus pour d'autres) .
Tu as perdu .

Écrit par : jean | 23/04/2007

jean looser perdu, sur toute la ligne, surtout pour moi, comme je le dis depuis depuis longtemps... il y a deux ans, je connaissais un mec inculte, ouvertement de droite, capable de voir en Rachid en extrémiste, relayant la propagande patronale version "la meuse"-TF1 sur tout les sujets abordés, et à cause moi, j'ai maintenant un mec inculte MAIS BEAUCOUP plus ENDOCHTRINE (cfr."Israel a le droit de se défendre"...), toujours de droite, mais plus surnoisement ("Sarkozy fait ce qu'il dit"..."il faut voter Bayrou pour éviter Sarkozy"...), capable de rationaliser sa campagne anti-musulmans("EMPIRIQUEMENT, la chute de Saddam(ou des talibans) est une bonnne chose...), relayant la propagande patronale version Val-Finkie-Reve(cfr. nos blogs...)...quand je vois comment tu étais il y a deux ans et comment tu es maintenant...je me dis si j'avais discuté avec Lénine en 1916, il aurait fini cadre commercial chez Coca-Cola...
c'est pourquoi, constatant une aggravation continuelle de ton cas, je n'ai qu'un seul service à te rendre...

Écrit par : quaeps | 23/04/2007

quaeps ...revoir ton orthographe...
C'est beau de te voir prendre un air que tu penses supérieur chaque fois que tu te retrouves le nez dans le caca...

Écrit par : jean | 23/04/2007

cqfd cqfd

Écrit par : jean | 07/05/2007

La France embête la Belgique Salut les Français, meilleures salutations d'un Belge. Dites-donc les gars, y a pas moyen de faire vos élections 6 mois avant ou après nos élections? Parce que vos campagnes électorales influencent les belges francophones via TF1, A2, FR3, Arte. Maintenant que vous avez commis la bétise énorme de désigner un président pro-atlantiste, pro-Bush, ami du grand capital et crypto fasciste nous risquons d'avoir une perçée des libéraux avec le mini sarkozy Didier Reynders. Déjà que le FN belge avec le fraudeur en che f - "docteur Féret" à sa tête, nul de chez nul, sans aucune base sociale, sans aucune campagne, est boosté par la pub de "gégène" Lepen. Avec tout votre barnum élitiste, notre campagne électorale a été réduite à sa plus simple expression. Déjà que le verrouillage médiatique est presque étanche et réservé aux 4 partis dominants. J'aimais bien la France, encore plus depuis que vous aviez rejetté le projet de "Constitution européenne" ultra-libérale. Mais ici vous m'avez déçu en élisant un gars qui va vous l'imposer cette fameuse "loi fondamentale du capital". Ho, mais nous les belges, on n'a même pas eu droit à un débat la-dessus. "Emballé, pesé, ficellé", ni vu ni connu et je t'embarque. C'est pour cela que vous êtes plus démocratiques qu'ici. Vous avez eu un débat public et un vote sur cette constitution. Les 12 candidats de la présidentielle ont eu le droit à la parole. Ce qui est un rêve en Belgique. Je vous souhaite bon succès et de bonnes luttes car vous en aurez l'occasion APRES vos législatives. Amicalement. Le Belge

Écrit par : freddo | 27/05/2007

freddo Tu as tellement raison , mais comment se passionner ou même faire semblant pour un combat Jeholet-Russo ?

Écrit par : jean | 06/06/2007

c l Initiatives francophones
1. Plus un franc dépensé en Flandres.2. On coupe l'eau (ou alors ils la payent).3. Manifestations pour un référendum dans chaque commune "sensible", histoire que la démocratie revienne un peu au goût du jour (je sais les flamands la craignent autant qu'ils la détestent, mais bon montrons-leur encore une fois comment faire un pas vers la civilisation).4. Péages sur les autoroutes menant vers le pays flamand (et en particulier Anvers), péages situés juste après la dernière sortie en Wallonie (avec un tarif très élevé pour les camions).5. Grande gare de tri de dispatching à Liège (pour containers en direction d'Anvers, Rotterdam, Hambourg, Marseille,...), gare de ferroutage.6. Les wallons ne paient plus l'impôt Fédéral avant la fin de la crise (pas de raisons, avons-nous réellement encore un Etat Fédéral?).7. Si l'Etat Fédéral survit, régionalisation immédiate des pensions.8. Si il ne survit pas, assemblée constituante par des citoyens tirés au sort (la seule vraie démocratie), inégibilité à vie pour tout membre de bureau d'un des partis ayant mené la Belgique à sa fin (par manque de courage) et la Wallonie où elle est (par incompétence notoire), c'est à dire PS, MR, Ecolo et CDH.

Écrit par : gl | 15/11/2007

accdcdv "Vous parlez français ? - Neen."
LE MONDE | 17.11.07 | 15h06 • Mis à jour le 17.11.07 | 15h07
HAL ENVOYÉE SPÉCIALE
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uand le train de banlieue s'ébranle en direction de Hal ("Halle" en flamand), quelques tags défilent sur les murs de la gare de Bruxelles-Midi, tels des SOS solitaires dans une Belgique au bord de l'explosion : "Soyons différents, restons unis." La belle affaire ! A Hal, jolie ville de 35 000 habitants située en Flandre, juste à la frontière linguistique et dans cette fameuse périphérie de Bruxelles que les Belges appellent "BHV" (Bruxelles-Hal-Vilvorde), le conseil communal a mis les points sur les "i" : tout écriteau en français est prié de disparaître de la voie publique.



Des entreprises de travaux communaux affichaient leurs panneaux en deux langues, français et néerlandais, voire en français tout court. "Déviation" au lieu de "Omlegging", par exemple. Un réflexe naturel dans cette banlieue flamande de Bruxelles, officiellement néerlandophone, mais bilingue de fait, et peuplée d'au moins 15 % de francophones.

Hal ne fait pas partie des six "communes à facilités" de la périphérie bruxelloise, situées en Flandre et tenues d'accorder des facilités linguistiques aux minorités francophones. "Ces panneaux en français nous valaient des réactions de mécontentement", explique Dirk Pieters, bourgmestre (maire) de la ville. En septembre, le conseil municipal a décidé à l'unanimité de remplacer chaque inscription en français par un panneau en néerlandais.

Demandez en français le bureau du bourgmestre, à la maison communale de Hal. La dame de l'accueil vous répond longuement en flamand, à renfort de grands gestes inutiles. "Vous ne parlez pas français ?", s'étonne-t-on. "Neen" (non). On insiste : "Vous ne parlez pas français, ou vous n'avez pas le droit de le parler ?" Une longue phrase en flamand, des gestes.

Le bourgmestre vient à sa rescousse, cordial, dans un français parfait. "Théoriquement elle n'a pas le droit, en effet." Il rappelle la loi belge dite "sur l'usage des langues" : dans l'administration et les bâtiments publics, on parle néerlandais en Flandre, français en Wallonie, les deux à Bruxelles, et enfin allemand dans la région située à l'est du pays. La décision de retirer les inscriptions en français, explique-t-il comme à regret, n'est donc "qu'une simple application du droit".

A Hal, l'application du droit se visite. Promenez-vous dans cette ville pleine de commerces où adorent flâner Bruxellois et Wallons voisins. Vous ne verrez plus un mot de français : la mairie a recommandé aux commerçants de supprimer cela de leurs vitrines. Douce "recommandation" qui, non suivie, leur vaudrait tout de même 250 euros d'amende. On ne verra donc plus "soldes", mais seulement "solden" ou... "sales", puisque certains esprits malicieux feignent d'avoir compris que le mot anglais n'était, lui, pas interdit. C'est le cas de Serge Hulsmans, un commerçant à la double origine néerlandophone et francophone : "Cette démarche est ridicule. Près de la moitié de mes clients sont francophones."

Franchissez maintenant le seuil de l'Athénée royal de Hal, établissement scolaire public - donc flamand. Dans la cour de récréation, celui qui s'avise de parler français à son copain est puni. Comme un quart des élèves sont francophones, les punitions tombent tous les jours : elles consistent à faire des exercices de néerlandais, à nettoyer la cour ou à aider les plus petits à la cantine. Quant aux nombreux parents francophones qui préfèrent envoyer leurs enfants à l'école flamande, afin de les rendre bilingues et parce que le niveau des écoles flamandes est réputé meilleur, qu'ils n'espèrent pas un tête-à-tête en français avec un professeur. Tant pis pour ceux qui, marocains, cambodgiens, français ou belges maîtrisant mal le néerlandais, ne peuvent pas comprendre les difficultés de leur enfant : les professeurs n'ont pas le droit de s'adresser à eux en français.

Dans l'établissement, cette question est un sujet de débat infini : peut-on s'autoriser, dans certains cas, une entorse à la règle ? La directrice de L'Athénée, Patricia Van Eekenrode, se veut ouverte. "Je dis aux professeurs : mieux vaut parler néerlandais, mais soyez souples. Le message est plus important que la langue utilisée." Plus intransigeant, le secrétaire de la "Middenschool", Dirk Uytterschout, a hésité longtemps avant de daigner nous répondre en français. "On est obligé d'être strict. Ici, c'est toujours une lutte pour ne pas voir disparaître notre langue. Et si trop d'élèves parlent mal néerlandais, le niveau de l'école flamande baisse fatalement." Une mère francophone a retiré son fils de l'établissement. Et traité la directrice de "raciste linguistique".

Côté flamand, l'application du droit se radicalise à l'extrême. En particulier dans cet arrondissement bizarre qu'est BHV, noeud stratégique des tensions actuelles. Bruxelles s'étend, jusqu'à se confondre dans la couronne de communes flamandes qui l'entoure. Majoritaires en Belgique (60 %), les néerlandophones sont très minoritaires à Bruxelles (20 %). Les nombreux habitants de la capitale qui viennent s'installer en banlieue importent avec eux ce que les Flamands voient comme une menace : la langue française. Un poids lourd face au néerlandais, soutenu par seulement 16 millions d'habitants aux Pays-Bas, 6 millions en Flandre et 150 000 à Bruxelles (sans compter les quelques milliers de néerlandophones du nord de la France).

Les Flamands en ont marre. Même le roi des Belges, qui est aussi le leur, ne parle qu'approximativement leur langue, pourtant officielle dans le pays. Les hommes politiques flamands savent tous s'exprimer en français, alors que la plupart de leurs homologues francophones ne se risquent pas au néerlandais. En Flandre, l'apprentissage du français est obligatoire en première langue alors que les élèves wallons ont, eux, le choix entre l'anglais et le néerlandais. Les Flamands trouvent normal de parler français en Wallonie, les Wallons font rarement l'effort en Flandre. Dans la périphérie bruxelloise, s'indigne Mark de Mesmaeker, échevin (adjoint au maire) de Hal, " les services d'urgences médicales sont francophones. Les médecins ne savent pas interroger les Flamands dans leur langue. L'autre jour, une femme est morte parce que les ambulanciers sont arrivés trop tard : au téléphone, ils ne comprenaient pas l'adresse en néerlandais."

La frustration linguistique est déterminante dans les derniers coups de force des politiques flamands et dans la crise qui place la Belgique, depuis plus de cinq mois, sans gouvernement fédéral. Elle s'ajoute au sentiment de revanche, déjà ancien, d'une Flandre devenue économiquement supérieure à la Wallonie. En jouant sur les susceptibilités et les symboles, les politiques font monter la fièvre. Les habitants ne se retrouvent pas dans ces batailles. Fatiguée par les interdits, Sandra Zalamema, francophone, a retiré ses enfants de l'école flamande et ne veut plus faire ses courses à Hal. "Je suis fâchée."

La moitié des Flamands ne soutiennent pas la séparation de la Belgique. Mais tous critiquent ceux, parmi les francophones, qui se comportent chez eux en terrain conquis. Et revendiquent "un peu de respect pour notre langue".

Raoul, un menuisier francophone de Hal, n'est pas seul à le comprendre : "Ils sont chez eux, je suis chez eux. La langue officielle est le néerlandais. La parler est bien la moindre des politesses !" Attablé dans le même bistrot, Kris, néerlandophone, l'approuve. "Pourquoi devons-nous toujours faire l'effort de parler français chez nous ? Je sais faire la différence : à un Français, à un Marocain, je réponds toujours volontiers en français. A un Belge, je parle en néerlandais. Et s'il me dit qu'il ne comprend pas ma langue, je lui dis : "Eh bien, je vais vous aider à l'apprendre.""


Écrit par : glplf | 17/11/2007

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