22/12/2005

Pas le monopole

Deux petites historiettes pour nous prouver que personne n'a le monopole de la connerie , du racisme et que finalement le mieux est l'ennemi du bien .
 
La première se passe à Nice, une organisation à but "humanitaire" avait décidé de sélectionner de façon radicale sa clientèle : tous les repas servis étaient à base de porc . Pathétique...elle évitait ainsi de servir sa soupe aux Musulmans et aux Juifs (probablement surtout aux Musulmans) .
 
L'autre se déroule en Picardie, un boucher-charcutier fait appel à l'ANPE afin de s'adjoindre les services d'un apprenti . L'ANPE s'exécute et arrive chez le boucher un jeune musulman qui refuse de travailler le porc (assez génant pour un charcutier non ?) . Enervé notre charcutier téléphone derechef au plus gros employeur de France et demande un autre marmiton mais maladroitement dit "et pas un noir ou un arabe !" . S.O.S. racisme entre dans la danse et le boucher prend dans les gencives (de porc farcies) 2 mois avec sursis et dommages à l'apprenti kasher halal .
 
C'est vrai que le charcutier Picard s'est très mal exprimé, mais peut-on lui en vouloir de demander un apprenti qui veut bien travailler ses produits ? 
 
Et on dit que la Belgique est le pays du surréalisme (y vont encore nous le piquer comme Johnny et Annie) !
 
A plus, c'est celà oui .

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16/12/2005

Et la Star Ac' alors ?

Voilà, comme promis hier, je reviens sur quelques faits qui m'ont amusé, énervé, ou autre, depuis un peu plus de trois semaines . Mes articles ont tendance à s'espacer ces derniers temps, je suis moins assidu ; mais bon ce blog n'étant au départ qu'une imposture grossière (et qui a parfaitement fonctionné) il est clair qu'il ne sera jamais marqué par le sceau de la régularité .
 
1. Je suis très fier dans ma Belgitude, encore une première mondiale belge : la première kamikaze (ce terme n'est pas du tout adapté, mais universellement adopté donc je l'utilise) en Irak était Belge , Wallone en plus . Voilà en tous cas une belle pierre dans le jardin de ceux qui claironnent que les bombes humaines sont uniquement des gens dont l'identité musulmane a été bafouée depuis la naissance par Israël et ses complices . Cet exemple, malheureux comme tous les autres cas de bombes humaines, tend à prouver que ces "kamikazes" sont d'abord des gens malheureux, faibles et hyper-manipulés par des crapules . Ces bombes humaines sont bien sûr autant des victimes que les gens qu'elles laissent sur le carreau .
 
2. Je suis aussi très fier de ma ville . Liège, première ville Européenne en termes de criminalité . Je suppose que les plaintes pour tapage nocturne aux alentours du Carré ont été prises en compte .
 
3. Van Cau, qui avec les casseroles qu'il commence à traîner ferait bien d'ouvrir un resto . Je me réjouis en tous cas de voir quels seront les suites de l'article qui lui est consacré dans Le Vif .
 
4. L'amendement Mac Cainn visant à interdire la torture sur des prisonniers détenus par les Etats-Unis. Bien sûr, certains diront qu'une telle loi (ou amendement) ne devrait même pas exister, mais l'important est ailleurs et réside plus dans l'humiliation subie par W. au niveau national que dans la loi elle-même .
 
5. La loi sur "les bienfaits de la colonisation" en France, plus que de me prononcer sur le fond , je dirais qu'il appartient aux historiens de faire leur métier . Et à ceux que le problème préoccupe de se forger leur propre opinion . Si quelqu'un s'intéresse à mon opinion, je dirai qu'il est impossible de voir en la colonisation quelque chose de positif , que le passé est le passé (et que je ne demande pas aux Allemands d'encore s'excuser pour la Shoah ou la deuxième guerre Mondiale, donc qu'il est hors de question que les gens de ma génération présentent des excuses pour la colonisation) et que pour un Béninois entendu sur les ondes que le pire de la colonisation fut la décolonisation . Pour les esprits tordus, je signale que je parle de la façon dont elle a été menée .
 
6. Mahmoud troudballe, président de l'Iran (quoique j'ai un peu l'impression qu'il se prend pour le Président Palestinien) et ses déclarations tapageuses . Il ne lui manque vraiment que le nez rouge et le l'entonnoir . Ses propos outranciers font qu'il fait partie de ces gens dont les propos déservent systématiquement la cause qu'il défend (un peu à la manière d'un Fielkenkraut) . De savoir que ce gars veut une bombe Boumboum me fait autant rire que de savoir que W. possède une clef qui tient le monde dans ses mains (in his hands he's got the Whole World in his hands, bisous Lulu) .
 
Bien sûr, il y a eu plein d'autres choses plus ou moins importantes , mais la plus importante de toutes et que voici est bien sûr la victoire fantastique du Standard sur Anderlecht par 2 buts à 0, comme quoi il y aune justice sur terre, qu'un Dieu (au moins) existe et qu'après ce grand soir, voici un avenir radieux !
 
A plus, c'est celà oui .


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15/12/2005

Y a pas (plus) urgence

 
 
 
 
La mer d’Aral

La mer d’Aral, étendue d’eau autrefois grande comme le Portugal, est aujourd’hui un lac salé qui se dessèche au milieu d’un désert.
Trente années de monoculture forcenée du coton, le détournement de deux fleuves aux fins d’irrigation qui alimentaient la mer d’Aral ont aboutit à un désastre écologique sans précédent. Au Kazakhstan, une mer est en train de mourir et tue la population.

L’inconscience humaine

Autrefois, la mer d’Aral était alimentée par deux grands fleuves, le Syr-Daria et l’Amou-Daria qui maintenaient la mer à un niveau stable. De 64 000 Km², il n'en reste aujourd'hui qu'environ 30 000 Km².
Au début des années 60, les économistes soviétiques, soucieux de rentabilité, décident d’intensifier la culture du coton en Ouzbékistan et au Kazakhstan.
Pour irriguer les cultures, ils font détourner les deux fleuves. Non seulement la mer d’Aral n’est plus alimentée mais les deux fleuves sont également à sec.

Zoom Carte géographique

Des tonnes de défoliants déversés de manière anarchique sur les cultures ont achevé la catastrophe.
Au fil des années, les produits chimiques balayés par le vent se sont dispersés dans les villages environnants.

Une catastrophe écologique

Depuis le début des années 60, la mer d’Aral a perdu 50% de sa superficie. L’environnement en est complètement bouleversé.
Ses eaux, saturées de sel et de produits chimiques, ont tué toute la faune marine.
Seules quelques crevettes arrivent encore à résister et une étrange raie mutante a fait son apparition.

Le sable, gris et salé, emporté par le vent, empoissonne l’environnement jusqu’en Arctique.

Des bateaux échoués sur une mer morte

Le climat s’est totalement transformé. Initialement, les températures oscillaient entre – 25°C en hiver à plus de 35°C en été.
Aujourd’hui, il fait – 50°C à +50°C.

La population vivait de la pêche. Inutile de dire que les 60 000 pêcheurs sont au chômage.

L’eau potable est, elle aussi, devenue salée. L’abus d’engrais, de nitrate et de pesticides a pollué l’atmosphère.
Le bétail se désaltère dans les mares toxiques et mange du fourrage passé au défoliant.

Une mer qui tue

L’ancien port prospère de Mouinak est devenu une ville empoisonnée. La vie y est devenue impossible à cause de la pollution de l’eau et de l’air.
La population qui habitait près de la mer a du fuir ces lieux pestilentiels où la mortalité infantile est de 118 pour 1 000. Un taux comparable à celui du Bangladesh.

Il reste sur les 48 000 habitants de Mouinak, 20 000 personnes environ qui sont toutes atteintes de maladies graves : tuberculose, affection du sang, cancers …

Les femmes font des fausses couches à répétition et mettent au monde des enfants malformés ou mort-nés. Leur lait est impropre à la consommation.

L’homme est un apprenti sorcier

La seule solution réaliste serait de stopper l’agriculture intensive. Mais, c’est bien sûr la seule solution que les pouvoirs publics n’ont pas examiné.
Les conséquences économiques passent avant l’environnement et la santé publique.

Chaque année, la mer d’Aral continue à se rétrécir. Lorsqu’elle sera totalement desséchée, elle laissera place au plus grand désert du monde.

Les pêcheurs, au chômage, sont devenus éleveurs de chameaux laineux

Le territoire de l’ex-Union Soviétique est un bel exemple de l’inconscience humaine :

  • 13% des terres sont saturées en sel ou en composés salés
  • En 1988, les statistiques officielles indiquaient que 10% de la nourriture consommée était impropre à la consommation à cause d’un niveau trop élevé de pesticides
  • En 1989, seulement 30% des eaux usées ont été traitées
  • Le lac Baïkal qui constitue 8% des réserves de la planète est en train de subir le même sort que la mer d’Aral. Ses eaux sont polluées à cause d’un complexe de cellulose installé sur ses rives.

Quand j’entends à la télévision que les pays industrialisés se réunissent pour « parler » d’environnement, je reste perplexe.
Toute cette folie humaine ne me rend absolument pas optimiste sur le devenir de l’humanité.

Un sauvetage impossible

Après l’effondrement de l’URSS en 1991, l’aide internationale s’est précipitée dans cette région.
Aujourd’hui, après de multiples rapports, les experts concluent que la mer d’Aral ne pourra pas retrouver son niveau initial.

Les côtes ont reculé de plus de 120 km à certains endroits, et la mer d'Aral s'est séparée en deux bassins, la Grande et la Petite Aral.

Des institutions internationales, dont la Banque mondiale, le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), l’UNESCO, l’Union européenne, ont accouru. Divers organismes ont été créés dont le Projet du bassin de la mer d’Aral (ASBP).

Leurs propositions ont éveillé de grands espoirs chez les riverains.

Pourquoi la mer d’Aral reste-t-elle alors toujours sur la liste des catastrophes écologiques mondiales ?

Il y a eut de nombreuses promesses non tenues. La vérité est que ces institutions ne possèdent pas l’argent qu’il faudrait pour résoudre un problème de cette ampleur.

Il faut souligner le fait que la population du Kazakhstan a réuni, à la surprise générale, 2,5 millions de dollars pour construire elle-même un barrage de sable, de 14 kilomètres de long et de 30 mètres de large, qui a transformé en lac la mer d’Aral du Nord, près de la ville d’Aral’sk.

Culture de concombres dans l'ancienne Union soviétique

L’entreprise, disent les responsables kazakhs, ne pourra être poursuivie que s’ils obtiennent les 15 millions de dollars qu’ils ont demandé à la Banque mondiale pour construire un barrage permanent.
Il ne s’agit plus de sauver la mer d’Aral car l’Ouzbékistan, second exportateur mondial de coton, n’acceptera jamais de se priver de cette culture lucrative.
Il s’agit maintenant d’éviter un désastre humain et social.

Les institutions internationales ont fourni à la population de l’eau saine et des équipements de santé. La Banque mondiale a financé la création de 25 stations pour contrôler la qualité de l’eau potable dans toute l’Asie centrale.

La mer d’Aral disparaîtra très probablement d’ici 25 ans …

La mer d’Aral alimentée par des sources souterraines . 3.12.2005

Des sources souterraines, jusqu’à présent insoupçonnées, fourniraient quatre milliards de mètres cubes d’eau par an.
Cette eau providentielle prendrait sa source dans l’Himalaya, cheminerait dans les couches géologiques, et ressortirait au niveau d’une zone de fracture au fond du lac.

Malheureusement, ces sources ne suffisent pas à combler l’assèchement en cours de la mer d’Aral.

V.B (02.2005) M.à.J 03.12.2005

Un rapport édifiant de l'UNESCO

Consultation du rapport

 

En vrai, je reviens demain avec un petit hit-parade, comme on disait quand il y avait de l'eau dans la Mer .

A plus, c'est celà oui .


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