15/12/2005

Y a pas (plus) urgence

 
 
 
 
La mer d’Aral

La mer d’Aral, étendue d’eau autrefois grande comme le Portugal, est aujourd’hui un lac salé qui se dessèche au milieu d’un désert.
Trente années de monoculture forcenée du coton, le détournement de deux fleuves aux fins d’irrigation qui alimentaient la mer d’Aral ont aboutit à un désastre écologique sans précédent. Au Kazakhstan, une mer est en train de mourir et tue la population.

L’inconscience humaine

Autrefois, la mer d’Aral était alimentée par deux grands fleuves, le Syr-Daria et l’Amou-Daria qui maintenaient la mer à un niveau stable. De 64 000 Km², il n'en reste aujourd'hui qu'environ 30 000 Km².
Au début des années 60, les économistes soviétiques, soucieux de rentabilité, décident d’intensifier la culture du coton en Ouzbékistan et au Kazakhstan.
Pour irriguer les cultures, ils font détourner les deux fleuves. Non seulement la mer d’Aral n’est plus alimentée mais les deux fleuves sont également à sec.

Zoom Carte géographique

Des tonnes de défoliants déversés de manière anarchique sur les cultures ont achevé la catastrophe.
Au fil des années, les produits chimiques balayés par le vent se sont dispersés dans les villages environnants.

Une catastrophe écologique

Depuis le début des années 60, la mer d’Aral a perdu 50% de sa superficie. L’environnement en est complètement bouleversé.
Ses eaux, saturées de sel et de produits chimiques, ont tué toute la faune marine.
Seules quelques crevettes arrivent encore à résister et une étrange raie mutante a fait son apparition.

Le sable, gris et salé, emporté par le vent, empoissonne l’environnement jusqu’en Arctique.

Des bateaux échoués sur une mer morte

Le climat s’est totalement transformé. Initialement, les températures oscillaient entre – 25°C en hiver à plus de 35°C en été.
Aujourd’hui, il fait – 50°C à +50°C.

La population vivait de la pêche. Inutile de dire que les 60 000 pêcheurs sont au chômage.

L’eau potable est, elle aussi, devenue salée. L’abus d’engrais, de nitrate et de pesticides a pollué l’atmosphère.
Le bétail se désaltère dans les mares toxiques et mange du fourrage passé au défoliant.

Une mer qui tue

L’ancien port prospère de Mouinak est devenu une ville empoisonnée. La vie y est devenue impossible à cause de la pollution de l’eau et de l’air.
La population qui habitait près de la mer a du fuir ces lieux pestilentiels où la mortalité infantile est de 118 pour 1 000. Un taux comparable à celui du Bangladesh.

Il reste sur les 48 000 habitants de Mouinak, 20 000 personnes environ qui sont toutes atteintes de maladies graves : tuberculose, affection du sang, cancers …

Les femmes font des fausses couches à répétition et mettent au monde des enfants malformés ou mort-nés. Leur lait est impropre à la consommation.

L’homme est un apprenti sorcier

La seule solution réaliste serait de stopper l’agriculture intensive. Mais, c’est bien sûr la seule solution que les pouvoirs publics n’ont pas examiné.
Les conséquences économiques passent avant l’environnement et la santé publique.

Chaque année, la mer d’Aral continue à se rétrécir. Lorsqu’elle sera totalement desséchée, elle laissera place au plus grand désert du monde.

Les pêcheurs, au chômage, sont devenus éleveurs de chameaux laineux

Le territoire de l’ex-Union Soviétique est un bel exemple de l’inconscience humaine :

  • 13% des terres sont saturées en sel ou en composés salés
  • En 1988, les statistiques officielles indiquaient que 10% de la nourriture consommée était impropre à la consommation à cause d’un niveau trop élevé de pesticides
  • En 1989, seulement 30% des eaux usées ont été traitées
  • Le lac Baïkal qui constitue 8% des réserves de la planète est en train de subir le même sort que la mer d’Aral. Ses eaux sont polluées à cause d’un complexe de cellulose installé sur ses rives.

Quand j’entends à la télévision que les pays industrialisés se réunissent pour « parler » d’environnement, je reste perplexe.
Toute cette folie humaine ne me rend absolument pas optimiste sur le devenir de l’humanité.

Un sauvetage impossible

Après l’effondrement de l’URSS en 1991, l’aide internationale s’est précipitée dans cette région.
Aujourd’hui, après de multiples rapports, les experts concluent que la mer d’Aral ne pourra pas retrouver son niveau initial.

Les côtes ont reculé de plus de 120 km à certains endroits, et la mer d'Aral s'est séparée en deux bassins, la Grande et la Petite Aral.

Des institutions internationales, dont la Banque mondiale, le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), l’UNESCO, l’Union européenne, ont accouru. Divers organismes ont été créés dont le Projet du bassin de la mer d’Aral (ASBP).

Leurs propositions ont éveillé de grands espoirs chez les riverains.

Pourquoi la mer d’Aral reste-t-elle alors toujours sur la liste des catastrophes écologiques mondiales ?

Il y a eut de nombreuses promesses non tenues. La vérité est que ces institutions ne possèdent pas l’argent qu’il faudrait pour résoudre un problème de cette ampleur.

Il faut souligner le fait que la population du Kazakhstan a réuni, à la surprise générale, 2,5 millions de dollars pour construire elle-même un barrage de sable, de 14 kilomètres de long et de 30 mètres de large, qui a transformé en lac la mer d’Aral du Nord, près de la ville d’Aral’sk.

Culture de concombres dans l'ancienne Union soviétique

L’entreprise, disent les responsables kazakhs, ne pourra être poursuivie que s’ils obtiennent les 15 millions de dollars qu’ils ont demandé à la Banque mondiale pour construire un barrage permanent.
Il ne s’agit plus de sauver la mer d’Aral car l’Ouzbékistan, second exportateur mondial de coton, n’acceptera jamais de se priver de cette culture lucrative.
Il s’agit maintenant d’éviter un désastre humain et social.

Les institutions internationales ont fourni à la population de l’eau saine et des équipements de santé. La Banque mondiale a financé la création de 25 stations pour contrôler la qualité de l’eau potable dans toute l’Asie centrale.

La mer d’Aral disparaîtra très probablement d’ici 25 ans …

La mer d’Aral alimentée par des sources souterraines . 3.12.2005

Des sources souterraines, jusqu’à présent insoupçonnées, fourniraient quatre milliards de mètres cubes d’eau par an.
Cette eau providentielle prendrait sa source dans l’Himalaya, cheminerait dans les couches géologiques, et ressortirait au niveau d’une zone de fracture au fond du lac.

Malheureusement, ces sources ne suffisent pas à combler l’assèchement en cours de la mer d’Aral.

V.B (02.2005) M.à.J 03.12.2005

Un rapport édifiant de l'UNESCO

Consultation du rapport

 

En vrai, je reviens demain avec un petit hit-parade, comme on disait quand il y avait de l'eau dans la Mer .

A plus, c'est celà oui .


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Commentaires

jean à MOURRIR DE RIRE, la planète est dévastée de tout les côtés , la pollution due à l'activité humaine va nous changer notre climat, enfin je fais court, mais c'est le BORDEL TOTAL...
et jean, qui trouve que tout ceux qui s'opposent au "progrès" et au dévellopement des entreprises sont des alarmistes...se préoccupe tout à coup des ravages causés par un système politique et économique qu'il défends bec et ongle en bon chien de garde qu'il est...
mais attendez...non...il y a un piège...cette catastrophe-là, ce sont les méchants "rouges" qui l'ont initiée...SURPRISE....
évidemment j'aurais du m'en douter, quand tu me parles de stieglitz ou bruno etienne ça ressort, mais je confesse, il m'arrive de l'oublier: tu ne comprends pas ce que tu lis et encore moins ce que je dis....
pour une dernière fois donc: les politiques menées en URSS n'ont RIEN à voir avec l'idéal marxiste...ils ont simplement adopté le mode de gouvernance des USA et de l'Europe...l'économie dirigée...la croissance à tout prix(tu te rappelles "la guerre" froide, la "course" aux armements), bref malgré des nuances, les politiques économiques qui ont conduit à cette tragédie sont identiques...pas de chance mon grand, il va falloir revoir ta copie...et trouver d'autres armes pour achever le cadavre mort dépecé de ton doudou stalinien...

Écrit par : quaeps | 16/12/2005

quaeps C'est vrai tu as raison c'était pas gentil de parler de la mer d'Aral ! Tiens prends un mouchoir, et fais gros calin ! C'est tout, ça va passer

Écrit par : jean | 16/12/2005

jean c'est celà oui...aucun rapport avec ton anti-communisme primaire, bien sûr...juste ta compasion habituelle....

Écrit par : quaeps | 16/12/2005

jean "les économistes soviétiques, soucieux de rentabilité", rien à ajouter...

Écrit par : quaeps | 16/12/2005

quaeps rien à voir avec de l'anti-communisme à voir avec ta rage chaque fois qu'un coin de critique d'un certain système est soulevé

Écrit par : jean | 16/12/2005

jean quel système, le "souci de rentabilité" des "économistes soviétiques"?

Écrit par : quaeps | 16/12/2005

quaeps tu ne savais pas qu'il y a des économistes dans tous les systèmes ? Enfin, pour quelqu'un d'aussi cultivé !
Par contre, l'article aurait été plus juste si il avait remplacé le mot "rentabilité" (tu sais qu'en roubles ce mot n'avait pas de sens) par "productivité" .

Écrit par : jean | 16/12/2005

jean qu'il y ait des économistes n'est pas la question, c'est leur rôle et leur importance(démesurés dans le système soviétique comme dans le système capitaliste) qui déterminent le niveau de démocratie réelle(aussi faible dans un système que dans l'autre)...
ce n'est pas un hasard si il a remplacé "productivité" par "rentabilité"...il avait compris, lui....quoique les deux mots sont souvent synonymes...

Écrit par : quaeps | 17/12/2005

quaeps non le terme "productivité" s'imposait (à l'époque je précise) car il fallait atteindre les objectifs fixés par le plan . Rentabilité ne s'appliquait pas car PERSONNE ne voulait de ce coton dont la plus grande partie était détruite (un peu comme les céréales sponsorisées par la PAC et produites à grands coups de pesticides et autres engrais) .

Écrit par : jean | 17/12/2005

jean n'importe quoi en 1960 le coton était encore très utilisé(il déclinera rapidemment, mais il n'était certainement pas détruit, d'où le terme "rentabilité")...tu radottes comme d'hab...

Écrit par : quaeps | 17/12/2005

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