15/07/2005

un dernier pour la route

Le mois de juillet étant traditionnellement le mois réservé à l'odeur suave dégagée par les aisselles des coureurs (non-dopés) du Tour de France, j'ai décidé de consacrer mon dernier billet avant les vacances au sport . Et plus particulièrement à l'attribution du titre de ville haute décerné à la ville de Londres pour les J.O. de 2012 .
 
En réalité, je voulais déjà consacrer un article à cet évènement le lendemain de cette bonne nouvelle pour nos amis amateurs de vin rouge glacé et de bière tiède . Malheureusement, les évènements que nous connaissons tous m'ont incité à changer mon fusil d'épaule . Un peu de dignité que diable .
 
Ben de dignité, j'en connais un qui ne doit pas s'étouffer avec, je parle bien sûr de Bertrand Delanoë, pour ceux qui l'ignoreraient le Maire de Paris, ville candidate malheureuse lors de l'élection du CIO . Dès le jour de la proclamation du résultat, les représentants de la ville éternelle avaient clamé haut et fort que décidément ce n'était pas juste, la candidature de Paris était la meilleure, que les anglais n'avaient pas respecté les règles, qu'ils roulaient à gauche et qu'ils avaient brûlé Jeanne d'Arc . Naturellement, les cris s'étaient tus dès les évènements tragiques du lendemain .
 
Estimant la période de deuil terminée dès le lundi 11 juillet, soit 4 jours après les explosions (c'est court pour 53 morts bilan actuel), Maître Delanoë a remis le couvert . Pétaradant de rage contre la victoire de la perfide Albion . Passons sur le fait que, franchement après ce qu'il s'est passé à Londres, il aurait bien attendu quelques jours suplémentaires pour déverser son fiel et prendre le CIO de face (ce n'est pas si courant pour lui) ; ce qui m'intéresse surtout ce serait d'expliquer au Maire de la première ville de France pourquoi Londres a gagné ou pourquoi Paris a perdu .
 
Les deux candidatures étant d'égale qualité en ce qui concerne les infrastructures (ce n'est pas moi qui le dit mais tous les experts du CIO), voyons ce qui a pu faire pencher la balance .
 
1er point, le produit vendu : Londres a montré une ville pluriethnique et dynamique, Paris a vendu une ville musée . En gros un Londres jeune et dynamique et un Paris pour les vieux et les rats de musée . Donc avantage London plus proche de l'idéal Olympique .
 
2eme point, le public potentiel . Ca c'est purement un avis personnel, mais je suis sûr que ça a du jouer . Le public anglais qui se déplace à une compétition sportive est un public connaisseur du sport qu'il regarde, qui sait faire chauffer un stade et qui se montre à 99.99% du temps fair-play et respectueux . De l'autre coté, le public français qui ne comprend pas souvent grand chose à ce qu'il regarde (crf la coupe du Monde 98 et Chirac qui nous fait le nom des joueurs en Playback), est extrèmement chauvin et qui n'hésite pas à huer tous les saluds de dopés qui ne sont pas en "allez les bleus" .
 
3eme point indéniable celui-là, c'est que Paris n'a jamais été en tête à aucun des 4 tours de scrutin et que Londres a fait la course en tête d'un bout à l'autre . Et il suffisait de voir la réaction des Madrilènes après l'élection de Londres pour se rendre compte que Paris n'était pas méga-populaire .
 
Voilà, alors Monsieur Delanoë je vous dit ceci, je comprends que vous râliez sec mais vos propos sont scandaleusement déplacés d'un point de vue timing et que votre attitude manque singulièrement de fairplay et que vous justifiez donc pleinement la victoire de Londres 2012 ; je vous aimais beaucoup plus quand vous écriviez des chansons .
 
Bonnes vacances .
 
A plus, c'est celà oui .

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08/07/2005

Et les lendemains n'ont pas chanté...

Londres s'est réveillée ce matin avec la gueule de bois, trop heureuse qu'elle a été de coiffer Paris au poteau et de s'être vue attribuer l'organisation des Jeux Olympiques 2012 . Le bonheur aura été de courte durée .
 
Bien sûr, je ne vais pas proclamer que je me sens anglais, j'ai mal pour eux c'est tout . Malgré la barbarie qui se trouve immanquablement derrière les évènements de ce jour, il ne faut pas oublier que l'Angleterre est en guerre en Irak et que la guerre ça tue, et là elle a tué où on l'attendait pas (trop) . Des bombes sont aussi tombées sur Bagdad et ont également tué des civils, ce qui est évidemment insupportable . La différence est évidemment de s'en prendre à des civils de façon délibérée et de vouloir faire le plus de victimes possibles, et ça c'est de la sauvagerie .
 
Mais la guerre que veut mener, ce que j'appellerai par facilité "al-qaïda", est aussi et surtout une guerre de l'image . Finalement mener une opération Marketing . Opération qui leur permet à coup d'images sensationnelles d'embrigader d'autres âmes perdues  . Et là, ils sont tombés sur un os, les bombes Londres elle connaît, elle a donné merci . Alors ce ne sont pas quatre petites bombes qui vont engendrer les images de panique et de douleur que l'ont a coutume de voir dans de telles circonstances, dans la City on sait se tenir et souffrir avec dignité, isn't it . Les ogres sont restés sur leur faim, et c'est tant mieux . A mon avis, les médias tiennent peut-être une arme efficace pour lutter contre la multiplication de tels actes (en tout cas ça a marché pour le hooliganisme mais je sais que comparaison n'est pas raison) .
 
Tant que ne seront pas règlés certains problèmes au Moyen-Orient, des situations pareilles l'Europe peut s'attendre à en revivre, et ce n'est pas en envahissant un nouveau pays que la situtation évoluera dans le bon sens . Car, ce qui se passe actuellement c'est que "l'occident" a fourni le baton pour se faire battre . Il est temps de reprendre ce bâton en trouvant une vraie solution pour l'Irak et un vrai accord Palestino-Israëlien . Plus facile à dire qu'à faire, mais c'est une obligation vitale .
 
De là, nous pourrons peut-être trier le vrai du faux, le révolté de "l'exalté de l'Islam" et lutter plus efficacement contre l'un tout en dialoguant avec l'autre . Il me semble que les Musulmans modérés de nos pays ont également un rôle important à jouer dans ce retour à l'harmonie domestique . A 'Europe quant à elle de savoir se montrer digne, ferme et sans concession aucune face à ce qu'il convient d'appeler des maîtres-chanteurs . 
 
A plus c'est celà oui .

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03/07/2005

ké méchant ti

Fraîchement élu Président de la République Islamique d'Iran, Mahmoud Ahmadinejad est accusé de traîner quelques belles casseroles derrière lui . Les deux plus belles étant sans conteste la participation à la prise d'otages de l'ambassade US à Téhéran en 1979/80 et la participation à l'assassinat d'un leader Kurde à Vienne en 1989 . 
 
Celui qui a promis de nettoyer(copieur)  l'Iran et d'en faire une nation islamique exemplaire (joli programme) est donc accusé de ce que nous appelons volontiers des "crimes" . Sans vouloir en aucun cas faire montre de sympathie pour Mahmoud, qui m'a l'air aussi franc qu'un chat devant un aquarium, posons-nous quelques questions sur le pourquoi de ces révélations ?
 
La première question à se poser est : ces accusations sont-elles fondées ? A franchement parler, il m'étonnerait qu'elles ne le soient pas .
 
Une autre question me paraît plus intéressante : pourquoi ces faits ne sont-ils révélés qu'une fois l'élection jouée ? Ecartons d'emblée le fait que si ces révélations avaient été faites avant les élections, le résultat eut changé .
 
A mon avis, le but recherché est de préparer l'opinion publique américaine (qui prend de façon naturelle fait et cause pour ses ex-otages) et peut-être même européenne (sympathie pour les kurdes) à une radicalisation du discours face à l'Iran . On peut donc s'attendre à des déclarations fracassantes de W. concernant l'Iran en général et en particulier envers la gestion de l'épineux dossier de l'uranium enrichi (vexé qu'il est d'avoir été écarté des négociations au profit de l'Europe) .
 
Ces déclarations seront-elles suivies des mêmes effets qu'en Afghanistan et en Irak ? Je ne le pense pas, pour plusieurs raisons : le fait que les européens négocient avec l'Iran rend quasi-impossible une intervention militaire, de plus le bourbier dans lequel se trouvent les américains en Irak rend le penthagone plus que froid quant à l'éventualité d'une nouvelle intervention .
 
Mais pourquoi alors ? Et si c'était tout simplement le bon prétexte pour demander une nouvelle augmentation du budget militaire, ce qui bénéficierait aux bons amis de George II ?
 
A plus, c'est celà oui .

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