08/04/2005

je commence demain

0

23:56 Écrit par 0 | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

fgdfgf Ne penses-tu pas qu'il peut conforter le gouvernement Isrëlien dans le fait que si il rentre dans ses frontières et abandonne ses positions stratégiques en Cisjordanie il sera automatiquement attaqué par l'un ou l'autre trouducul ? Et donc que ces propos sont TRES mauvais pour les Palestiniens

Écrit par : fgfdg | 24/03/2007

jean L'ex-chef d'état-major d'Hugo Chavez critique l'ambiguïté du président vénézuélien à l'égard des militaires
LE MONDE | 02.07.07 | 17h06 • Mis à jour le 02.07.07 | 17h06
Consultez les dépêches vidéo des agences AFP et Reuters, en français et en anglais.
Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts







déologue de la "révolution bolivarienne", le général Alberto Müller Rojas a critiqué Hugo Chavez, au moment où le président vénézuélien effectue une tournée internationale. Le général s'est confié à un quotidien favorable au gouvernement, Ultimas Noticias, dimanche 1er juillet. Auteur de la nouvelle doctrine militaire du Venezuela et chef de l'état-major présidentiel jusqu'au 24 juin, il estime que les forces armées sont "politisées et au service du parti (chaviste)".




Caracas et Téhéran étendent leur coopération économique
Après la Russie et la Biélorussie, Hugo Chavez s'est rendu en Iran, samedi 30 juin. C'était la sixième visite du président vénézuélien à Téhéran. Les accords signés prévoient la construction de 7 000 logements sociaux et d'une usine pétrochimique au Venezuela. La coopération bilatérale portait jusqu'alors sur l'alimentation et les pièces d'automobile, mais les projets ont du retard et les chiffres de Caracas et de Téhéran sur le montant des contrats ne coïncident pas. Le quotidien Ultimas Noticias, favorable au gouvernement Chavez, s'est fait rappeler à l'ordre, au mois de mars, pour avoir révélé une affaire de corruption parmi les partenaires vénézuéliens des Iraniens.

[-] fermer



Selon le général Müller Rojas, M. Chavez a des attitudes "contradictoires" à propos des militaires. Il pense que le chef de l'Etat "s'est éloigné un peu de ce que ressentent les Vénézuéliens", mais il attribue cette distance aux consignes de sécurité et à un "entourage" de courtisans. La fermeture de la chaîne Radio Caracas Television (RCTV), fin mai, a été désavouée par près des trois quarts des Vénézuéliens.

D'après le général, "la présence de militaires en uniforme aux meetings politiques" et "l'adoption du slogan (d'origine cubaine) "La patrie, le socialisme ou la mort"", montrent leur politisation, en dépit des déclarations de M. Chavez selon lesquelles cela ne serait pas "un objectif immédiat" de la "révolution bolivarienne". La "professionnalisation" des forces armées défendue par le président est un "concept absolument incompatible" avec les propos qu'il tient sur la "défense de tout le peuple et la guerre de résistance, qui ne fait pas de distinction entre les citoyens et les soldats professionnels", explique le général, qui attribue l'idée de "professionnalisation" à l'influence des Etats-Unis.

Directeur d'Ultimas Noticias, Eleazar Diaz Rangel s'était élevé, le 17 juin, contre la présence du chef de l'état-major présidentiel à la tête du nouveau parti "chaviste". Selon l'éditorialiste, les pays où ce droit est reconnu sont des régimes de parti unique, comme Cuba, la Chine, le Vietnam ou la Corée du Nord. Si les militaires d'active sont vraiment autorisés à adhérer à un parti, il faudrait admettre leur droit de rejoindre une formation d'opposition, affirmait M. Diaz Rangel. M. Müller Rojas a quitté son poste et est repassé au cadre de réserve le 24 juin.

"En dépit de la purge effectuée après la tentative de coup d'Etat de 2002, les militaires restent divisés", souligne Francine Jacome, directrice de l'Institut vénézuélien d'études sociales et politiques. M. Chavez a créé une réserve et une Garde territoriale sous l'autorité directe du président de la République, sans passer par la chaîne de commandement. Les militaires dits "institutionnalistes" s'opposent aux idéologues comme M. Müller Rojas ou l'ex-officier de l'armée de l'air, William Izarra. L'idée d'un "chavisme sans Chavez" fait son chemin parmi les mécontents, qui désapprouvent une réélection indéfinie du président.

Parmi ceux qui attendent leur heure se trouvent deux militaires, des gouverneurs qui ont fait leurs preuves, Diosdado Cabello (Etat de Miranda, autour de Caracas) et le général Luis Acosta Carles (Carabobo). Selon le directeur du quotidien d'opposition Tal Cual, Teodoro Petkoff, M. Chavez mène "une sorte de coup d'Etat permanent, qui concentre tous les pouvoirs et consolide les forces armées comme arbitre et tuteur de la société".



Écrit par : jean | 03/07/2007

jean La politique invitée de la Copa America
La Page des Sports - Le 2 juillet 2007

Slogans et chants liés à la politique se sont frayés un chemin dans les tribunes des stades qui accueillent la 42e Copa America qui se déroule jusqu’au 15 juillet au Venezuela. Alors que le président du Venezuela, Hugo Chavez, dénonce un complot, l’opposition profite de la médiatisation de l’événement pour crier au monde le manque de liberté dont elle se dit victime.




L’Amérique latine est une habituée du fait. La politique sait s’inviter dans les grands événements sportifs, et tout particulièrement dans ceux qui tournent autour du ballon rond. Le continent a déjà connu les frasques de la dictature argentine pendant la Coupe du monde de 1978. Quelques années auparavant de l’autre côté des Andes, Augusto Pinochet renversait Salvador Allende au Chili et s’emparait du pouvoir. Le 21 novembre 1973, l’équipe nationale devait alors s’imposer pour assurer la qualification pour la Coupe du monde de 1974.

Les onze joueurs chiliens sont les premiers à fouler la pelouse du stade national. En face… personne. Les joueurs de l’URSS sont restés aux vestiaires, refusant de pénétrer dans une enceinte où des milliers de sympathisants de l’Unité populaire ont été victimes de la torture pinochetiste. Plutôt que d’offrir la victoire par forfait au Chili, l’arbitre siffle le début de la rencontre. Après une série de passes sans opposition aucune, et pour cause, le capitaine Francisco Valdés se retrouve seul devant le but vide…

Se servir de l’épreuve

Les années ont passé. Et toutes proportions gardées, la politique continue de trouver ces jours-ci une place de choix dans les tribunes des stades vénézuéliens qui accueillent la 42e Copa America, du 26 juin au 15 juillet. Le président du Venezuela, Hugo Chavez, a décidé de voir grand pour accueillir la plus prestigieuse compétition de football du continent. Quelques 700 millions d’euros ont été investis dans l’organisation, avec quelques aberrations comme la création d’une enceinte de 52 000 places dans la petite ville de Maturin dans l’est du pays, alors que les matchs dominicaux peinent à y attirer plus de 5 000 personnes.

Alors que le nom d’Hugo Chavez s’inscrit sur des tifos géants, l’opposition se sert de l’épreuve pour médiatiser son action. Jeudi dernier, au cours du match entre l’Argentine et les États-Unis, ils étaient des milliers dans les tribunes du stade de Maracaibo à crier leur antipathie à l’égard de leur président. Des chants pour la "liberté" et pour la défense de "RCTV", la chaîne de télévision de l’opposition supprimée du paysage audiovisuel par les autorités il y a peu, ont été entonnés. De nombreuses manifestations ont également été organisées à l’extérieur des stades comme pour mieux récupérer le sport, pour y introduire un débat qui n’est pas censé y trouver sa place.

Une compétition qui reste spectaculaire

Hugo Chavez a dénoncé la semaine dernière un supposé plan de "l’impérialisme et de l’extrême droite vénézuélienne", afin de déstabiliser l’organisation de l’événement. Lors d’un entretien à la télévision nationale le 27 juin, il a même appelé "le peuple vénézuélien et le secteur du transport" à se rassembler pour "bloquer le plan".

Pour l’instant, sur le terrain, aucune démonstration particulière liée à la politique n’est à signaler. Le spectacle est au rendez-vous avec des réalisations spectaculaires. Avec 3,3 buts inscrits par match jusqu’à présent, la Copa America défend comme il se doit sa réputation offensive. Alors que le Brésil s’est largement imposé devant le Chili hier soir (3-0) au terme d’un affrontement bien plus serré que le score ne le laisse paraître, l’Argentine semble l’équipe la mieux armée pour remporter le tournoi. Réponse le 15 juillet.

Écrit par : jean | 03/07/2007

zef Juin 1941, Opération Barbarossa : Chronique d'un désastre annoncé
Par Ataulfo Riera le dimanche, 16 juillet 2000
Rompant le Pacte qu'elle avait conclu en août 1939, le 22 juin 1941 à 3h00 du matin, l'Allemagne nazie déclenche l'Opération Barberousse: l'invasion de l'URSS a commencé. L'Armée rouge n'était pas prête à subir un tel choc et sera étrillée au cours de plusieurs batailles d'encerclement. Deux mois plus tard, les blindés nazis atteignent les faubourgs de Leningrad et en un mois supplémentaire, les abords de Moscou ! L'héroïque résistance des populations de ces deux villes allait I finalement stopper la machine de guerre allemande. Comment un tel désastre initial qui faillit tout emporter et un tel redressement, non moins spectaculaire, furent-ils possibles?

En 1945, la bureaucratie stalinienne s’est renforcée suite à la victoire finale contre l'Allemagne nazie. Pour cette victoire, les peuples soviétiques ont consenti d'immenses sacrifices: 23 millions de morts, des milliers de villes, de villages et d'industries détruites. Pour certains, ces sacrifices et cette victoire finale justifiaient a posteriori, ou tout au moins relativisaient, les crimes du stalinisme et des événements aussi douteux que le Pacte Hitler- Staline. En réalité, ces sacrifices auraient été bien moindres, voire totalement évités si cette même bureaucratie n'avait pas accumulé les désastres politiques avant la Seconde guerre mondiale.

Pour saisir la portée du quasi-écroulement soviétique de juin 1941, il est nécessaire de rappeler ici que la résistible accession de Hitler au pouvoir au début des années '30 fut facilitée du fait de la politique sectaire du Parti communiste allemand et de l'Internationale communiste stalinisés. Selon la ligne imposée par Moscou, le danger principal était la social-démocratie, qualifiée de « social-fasciste ». Cette ligne suicidaire a empêché toute forme de Front unique entre les partis ouvriers, seule politique qui aurait pu permettre d'unir le puissant mais divisé prolétariat allemand contre la vague nazie. Lors de la guerre d'Espagne en 1936, le "soutien" tardif, insuffisant et plutôt cher payé octroyé par l'URSS à l'Espagne républicaine signifia une nouvelle occasion ratée d'enrayer le fascisme et avec lui les dangers de guerre.

Les causes de ces "erreurs" ne résident pas dans l'aveuglement ou la bêtise de la bureaucratie stalinienne, elles sont au contraire le fruit d'une politique cohérente. La bureaucratie soviétique était une nouvelle caste qui avait parasité le régime social issu de la révolution d'Octobre 1917. Au-delà des fautes politiques des bolcheviks dans les années 18-21, la progressive prise du pouvoir par cette caste fut rendue possible du fait de l'isolement de la Russie révolutionnaire et de la fatigue et de l'apathie politiques consécutives à la guerre civile parmi les masses. Toute révolution internationale ou tout conflit avec un État capitaliste risquait de remobiliser l'ardeur révolutionnaire des masses soviétiques et de mettre ainsi en péril la domination de la bureaucratie. Les causes premières d'événements aussi dramatiques ou aberrants que la trahison des prolétariats allemand et espagnol, les purges massives des années '30 et le Pacte Hitler-Staline de 1939 trouvent là leur racine.

Les "procès de Moscou" de 1936-37- 38, qui ont entraîné la condamnation et l'exécution des cadres de la vieille garde bolchevique après des "aveux" de complots et d'actes terroristes délirants, ont été l'étape finale de l'écrasement du parti de Lénine par la bureaucratie. Staline voulait ainsi éliminer préventivement toute opposition réelle ou potentielle interne qui risquait, en cas de guerre ou de reprise d'un processus révolutionnaire international, de présenter une alternative socialiste solide à la bureaucratie.

L'Armée rouge assassinée

Ces purges ont durement frappé les cadres de l'Armée rouge entre juin 1937 et juillet 1938. Accusés d’espionnage, de sabotage et de trahison au profit du nazisme allemand, des milliers d’officier seront rayés des listes des effectifs. Les chiffres sont éloquents. Ont été exécutés ou internés : 3 maréchaux sur 5; 13 généraux d'armée sur 15; 8 amiraux sur 9; 50 généraux de corps d'armée sur 57; 154 généraux de division sur 186; 16 commissaires politiques d'armée sur 16 et 20 à 30.000 officiers intermédiaires. A quoi il faut rajouter les 11 commissaires adjoints à la Défense et 98 (108 membres du Soviet militaire suprême. On découvrit même un nid de 12 "espions contre- révolutionnaires" dans les Choeurs de l'Armée rouge...

Difficile de croire qu'au pays du "socialisme triomphant" où "la vie est plus heureuse et plus libre"(Staline au "Congrès des vainqueurs"de 1934), les trois-quarts des cadres supérieurs de l'armée sont des « traîtres hitléro-trotskystes » des "espions et des terroristes à la solde du fascisme hitlérien. Après la fin de la seconde guerre mondiale d’ailleurs, l'étude des archives secrètes nazies démontra, si besoin était, que ces accusations n'avaient pas l'ombre d'un fondement.

En attendant, les conséquences de ces purges furent incalculables et expliquent en grande partie les désastres militaires de juin 1941: c'était la cohésion et la valeur combattante de l'Armée rouge qui avait été durablement brisée. Au niveau moral tout d'abord, car il est évident qu'avec un tel taux de « traîtres » la confiance des troupes envers les officiers était devenue minime. Au niveau de ses capacités opérationnelles ensuite puisque comme l'écrit l’éminent historien militaire britannique John Keegan ; « Ce massacre avait désorganisé les troupes russes beaucoup plus sûrement qu'aucune guerre n'aurait pu le faire. Des officiers subalternes sans aucune expérience ou tout frais sortis des écoles ont dû remplacer les "traîtres" qui occupaient des postes élevés. Or, il fallait 8 à 10 années pour former un officier d'État-major capable d'organiser le ravitaillement d'une division moderne. L'Armée rouge n'était plus commandée que par des novices, dont beaucoup n'avaient pas fait la révolution, ou des incompétents mais dociles staliniens. »

Sclérose théorique

L'expérience acquise par des officiers soviétiques pendant la guerre d'Espagne fut purement et simplement anéantie ou interprétée de manière totalement erronée. Alors que cette guerre faisait encore rage, une bonne partie des officiers généraux envoyés à titre de conseillers militaires furent rappelés, exécutés ou internés - tels le général y .K Berzine, le général Kléber" (M.Z. Chtern), qui avait commandé les Brigades Internationales, ou le général Goriev"(Skoblévski), héros de la défense de Madrid qui fut acclamé à son retour à Moscou et exécuté deux jours après avoir reçu l'Ordre de Lénine...

Mais ce n'était pas seulement des hommes qui furent liquidés, c'était aussi leurs idées, leur théories, surtout les plus brillantes. La lourde sclérose théorique de la pensée bureaucratique ne pouvait permettre l'expression de la créativité et de l'esprit d'initiative. Ainsi, des officiers et des ingénieurs qui, sous les ordres de Berzine, avaient entraîné des unités spéciales à la guerre de partisans et avaient préparé des bases secrètes en cas d'invasion du pays furent exécutés pour « manque de foi dans l'État socialiste » et pour « avoir entraîné des bandits et stocké des armes pour eux ». Les unités furent dispersées et les bases détruites: elles manqueront cruellement en 1941 où il fallut repartir de zéro.

Au milieu des années '30, l'Armée rouge était l'une des armées les plus modernes du monde, à la fois sur le plan technique et sur celui de la doctrine d’emploi des nouvelles armes et ce grâce avant tout à l'impulsion du maréchal Toukhatchevski, héros de la Guerre civile, qui avait créé les premières unités de parachutistes et les premières grandes formations blindées. Visionnaire, il insistait sur la nécessité de l'utilisation des chars en formations compactes et en coordination étroite avec l'aviation et non comme simples "soutiens" d'infanterie. Après l'exécution de Toukhatchevski en 1937, ses idées sont dénoncées et le corps blindé qu'il avait créé est dissout, privant ainsi l'Armée rouge d'un élément décisif de la guerre moderne. Son rival et successeur, l'incompétent maréchal Vorochilov, décréta qu' « il est évident que l'idée d'une force aussi puissante que le corps des chars est tirée par les cheveux. » Pour lui, l'avenir, c'était la cavalerie!

Trop tard

Au niveau de la qualité du matériel, les conséquences furent très lourdes. Le général Kulik, nouveau responsable du service des matériels, était un réactionnaire dans le domaine de la technologie. Il niait l'importance des fusils automatiques et avait refusé leur distribution à grande échelle aux soldats sous prétexte que ces derniers « ne sauraient de toute façon pas s'en servir ». Il avait en outre stoppé la production de canons antichars et antiaériens qui auraient été pourtant bien utiles contre les "panzers" ou les "stukas" nazis.

De novembre 1940 à mars 1941, la colossale Armée rouge a fait péniblement la guerre à la petite Finlande pour une petite « rectification des frontières » selon la terminologie officielle stalinienne. Cette « petite rectification des frontières » coûta à l'URSS 47.447 tués et 158.000 blessés selon les chiffres officiels. Ce bilan et les difficultés rencontrées par l’Armée rouge pour vaincre la minuscule armée finnoise démontra clairement l'état lamentable dans lequel se trouvait l'Armée rouge, événement qui marqué et renforcé Hitler dans sa détermination à attaquer l’URSS avec confiance.

L'État de faiblesse de l'Armée rouge fut tellement mis à nu que la bureaucratie paniqua. Vorochilov fut relégué à un poste décoratif et remplacé par un homme plus capable, le maréchal Timochenko, qui entreprit de nouvelles réformes… dont la teneur essentielle était de revenir aux doctrines de Toukhatchevski ! Bref, lorsque les armées nazies se jettent sur le pays en juin 1941, l'Armée rouge était alors en pleine réorganisation pour reprendre ce qui avait été défait 4 ans plus tôt après les purges. Mais il était bien évidemment trop tard.

Les "étoiles jumelles"

Si la préparation matérielle de l'Armée rouge était franchement mauvaise en juin 1941, que dire alors de la préparation politique et psychologique des soldats et des masses? De 1933 à 1939, la politique officielle de l'Internationale communiste et de la diplomatie soviétique était l'antifascisme. Dans ce domaine et pour les raisons déjà évoquées, la bureaucratie visait uniquement et avec un opportunisme sans principes à éviter tout conflit. Ce qui l'a d'abord poussée à chercher une alliance avec les bourgeoisies des "démocraties occidentales" - la ligne des "Fronts populaires", intégrant les partis communistes, socialistes et bourgeois.

Constatant l'absence de résultats en vue de créer un système de "sécurité collective", Staline a commencé à multiplier les signes en vue d'un accord avec Hitler, perspective qu'il avait de toute façon toujours envisagée. Il n'est pas inutile de rappeler que l'antifascisme de la bureaucratie était à forte géométrie variable. L'URSS avait ainsi maintenu des liens économiques importants avec l'Italie de Mussolini. Elle fut d'ailleurs l'une des rares nations à lui vendre du pétrole en 1936 alors qu'il écrasait le peuple éthiopien. L'arrivée au pouvoir d’Hitler en 1933 n'avait fait que ralentir les échanges économiques avec l’Allemagne, mais non les stopper. Au XVIIIe Congrès du Parti en 1934, Staline le justifiait platement: « Il est certain que nous sommes loin d'approuver (sic) le régime fasciste en Allemagne. Mais le fascisme n'a rien à voir avec la question (re-sic), ne serait-ce que parce que le fascisme italien, par exemple, n 'a pas empêché l'URSS d'établir les meilleures relations qui soient avec ce pays ». C’est ce que l’on appelle une tautologie… et de justifier l’injustifiable par un argument injustifiable lui-même.

En 1936-37, au moment même où à Moscou ou en Espagne d'authentiques révolutionnaires sont exécutés sous l'accusation « d'hitléro-trotskysme », Staline envoie plusieurs émissaires à Berlin en vue d'élargir les relations économiques avec l’Allemagne nazie. Les choses s'accélèrent en 1938 après les accords de Munich entre Hitler et les nations occidentales où l'URSS était court-circuitée. Le 10 mars 1939, Staline prononce un discours assez modéré à l'encontre de l'Allemagne nazie. Le 3 mai, Litvinov, le commissaire du peuple aux affaires étrangères et partisan de l'alliance avec les "démocraties" est brutalement remplacé par Molotov.

Ces "danses du ventre" finirent par porter leur fruit: le 19 août, un Pacte commercial important est enfin signé à Moscou. Dans la presse, l'antifascisme est toujours à l'honneur, mais on "prépare" l'opinion avec un édito de la Pravda qui, évoquant l'accord commercial, précise qu' « il peut devenir une étape importante vers l'amélioration de nos rapports non seulement économiques, mais aussi politiques avec l'Allemagne ». A ce moment, la vitesse de croisière était de mise puisque le 22 août, le ministre du Reich des affaires étrangères, Ribbentrop, débarque à Moscou et entame des négociations éclairs qui aboutissent au fameux « Pacte de non-agression » entre l’Allemagne hitlérienne et l’URSS stalinienne. Une semaine plus tard, l'Allemagne nazie envahit la Pologne, alliée de la Grande-Bretagne et de la France. La Seconde guerre mondiale vient d'éclater.

Le 17 septembre, lorsque la défaite de l'armée polonaise est pratiquement consommée, l'URSS envahit également la Pologne et, aux termes du protocole secret accompagnant le Pacte, se partage avec les nazis la dépouille de cet "enfant monstrueux né du Traité de Versailles" (Molotov). Le 10 mai 1940, , la paix étant garantie sur ses arrières, Hitler se lance alors dans la conquête du Danemark, de la Norvège, du Bénélux et de la France et quelques mois plus tard, des Balkans.

Tactique?

La justification stalinienne, reprise par de nombreux historiens bourgeois, était que l'URSS était forcée de conclure un tel accord pour lui donner un répit afin de mieux se préparer à l'inévitable conflit. Or, comme on l'a vu dans le cas de l'Armée rouge, ce répit n'a servi militairement parlant à rien du tout.

Géo-stratégiquement, cet accord allait en outre plus loin qu'un simple pacte de non agression. Le protocole additionnel secret sur la Pologne et d'autres négociations qui suivirent visaient en effet bien plus à un véritable partage d'influences entre l'Allemagne et l'URSS dans l'est européen. On peut même parler d'alliance stratégique puisque le Pacte permettait à l'Allemagne d'avoir les coudées franches pour sa guerre à l'ouest et de lui fournir des matières indispensables à son économie et à son industrie de guerre.

En effet, de multiples et importants accords commerciaux sont signés entre 1939 et 1941. Ils ont permis à Hitler de ne pas être gêné par le blocus maritime britannique puisque pendant les 27 mois qu'a duré le Pacte, l'URSS a livré d'importantes quantités de blé, de cuivre, de nickel, de pétrole, de chrome et de manganèse. L'URSS ira même jusqu'à offrir la possibilité aux navires et aux sous-marins nazis de toucher un port proche de Murmansk.

Mais c'est surtout dans le domaine du discours et de la propagande que l'idée du "simple pacte" tactiquement nécessaire permettant un "répit" est absurde et criminelle. Le marxisme ne rejette en effet pas les manoeuvres ou les replis tactiques, mais à la condition expresse qu'ils soient en accord avec certains principes, qu'ils soient décrits comme tels et qu'ils permettent "d'augmenter et non de rabaisser le niveau général de la conscience de classe du prolétariat, son esprit révolutionnaire, sa volonté de lutter, sa confiance en lui-même et sa capacité de vaincre"(Mandel). Si le Pacte était une "tactique", comment expliquer alors la disparition totale de toute propagande antinazie en URSS et l'ordre donné aux Partis communistes d'abandonner la politique du Front populaire antifasciste en faveur du "défaitisme révolutionnaire"?

Très loin des principes révolutionnaires et avec le cynisme qui le caractérise, le 31 août 1939, Molotov justifiait ainsi le Pacte devant le Soviet suprême: "Nous savons tous que depuis l'arrivée au pouvoir des nazis, les relations entre l'URSS et l'Allemagne étaient tendues. Mais nous ne devons pas nous accrocher à ces différents .(...) Nous avons cessé d'être des ennemis.»

Les désormais "ex-ennemis" s'échangeront pas donc mal d’amicales politesses. Lorsqu'en novembre 1939 Hitler échappe de peu à un attentat commis par un militant communiste – attentat qui a provoqué deux morts -, l'ambassadeur d'URSS à Berlin présente immédiatement des condoléances au nom du gouvernement soviétique ! Le 23 décembre 1939, deux jours après le 60e anniversaire de Staline, les lecteurs de la Pravda, sans doute en se frottant les yeux, auront pu lire en bonne place un télégramme d’Hitler adressé à Staline: "Veuillez accepter mes plus sincères félicitations. J'y joint mes meilleurs voeux pour votre bonne santé et pour l'avenir des peuples de notre amie l'Union soviétique ». Ce à quoi Staline répondit par un petit message de remerciement se terminant par ces mots atroces au regard du futur: « L'amitié entre les peuples de l'Union soviétique et de l'Allemagne, cimentée dans le sang, a toutes les raisons de demeurer solide et durable. »

Lors de la célébration du premier anniversaire du Pacte, on atteint alors sans doute le comble lorsque la Pravda du 23 août 1940 déclare que "La signature du pacte a mis un terme à l'inimitié entre 1'Allemagne et I'URSS -inimitée qui avait été artificiellement forgée par les bellicistes »

Alliance durable

Ces déclarations odieuses -qui s'accompagnaient d'actes non moins abominables comme la livraison à la Gestapo par les services secrets staliniens de centaines de communistes allemands réfugiés en URSS, ou le refoulement aux frontières de milliers de Juifs fuyant les persécutions nazies - étaient le fruit d'une politique "cohérente" car Staline et la bureaucratie soviétique étaient en vérité persuadés qu'une guerre pouvait être évitée par une alliance durable avec Hitler. Ils firent également l’erreur de calcul catastrophique qu’en tous les cas ce dernier n'attaquerait pas l'URSS tant que la Grande-Bretagne n'aurait pas été militairement vaincue. Et à ce moment là, pensaient-ils, l'URSS pourrait alors proposer une grande Conférence de paix avantageuse avec l'Allemagne nazie.

L'erreur de calcul était donc énorme. D'autant plus que les éléments concrets et corroborés démontrant l'imminence d'une attaque n'ont cessé de se multiplier jusqu'au fatidique 22 juin 1941. Malgré tout, la propagande a continué à démobiliser l'armée et le peuple soviétique. Par une amère ironie, le 14 juin 1941, le jour même où Hitler convoque ses généraux pour une dernière mise au point de « l’Opération Barberousse », un communiqué officiel soviétique annonce à la population que "L’Allemagne respecte les conditions du Pacte de non-agression germano-soviétique aussi scrupuleusement que le fait l'URSS. (...) les bruits d'après lesquels l'Allemagne songerait à rompre ce pacte et à attaquer l'URSS sont dépourvus de tout fondement. ». On ne saurait mieux démobiliser un peuple pour la guerre.

L’attaque du 22 juin surprit donc totalement le peuple soviétique, persuadé que l'Armée rouge était invincible et qu'Hitler était un "bon voisin". Ce jours-là, toujours par crainte de "provoquer" le "bon voisin", l'Armée rouge n'était même pas mise en alerte. Les troupes de couverture étaient mal échelonnées et la mobilisation était imparfaite: sur les 209 divisions d'infanterie de l'Armée rouge, 144 avaient la moitié de leurs effectifs et le reste à peine un tiers.

Malgré la bureaucratie

Les défaites de juin 1941 trouvent donc leurs causes dans la volonté de la bureaucratie de se maintenir au pouvoir coûte que coûte et dans sa peur panique envers la guerre et la révolution. Mais sa politique et sa diplomatie n'ont fait au contraire que de précipiter le conflit et d'ouvrir les portes de l'URSS à l'envahisseur nazi.

En novembre 1941, la majorité des soldats russes présents sous les drapeaux en juin sont morts, blessés ou prisonniers, les envahisseurs ont conquis un immense et riche territoire et menacent Moscou où la panique gagne les bureaucrates qui fuient la ville. Le sursaut et le salut viendront du peuple soviétique lui-même et de lui seul. Malgré le poids étouffant du régime stalinien, une partie des conquêtes d'Octobre étaient toujours là et valaient la peine de se battre pour elles, indépendamment de la bureaucratie. Comme le notait le correspondant à Moscou Alexander Werth, « Il m'est toujours apparu qu'il s'agissait d'une guerre du peuple (...). C'était sa guerre ».

En novembre-décembre 1941 devant Leningrad et Moscou, les berceaux de la Révolution, sa résistance héroïque entraînera la première défaite d'ampleur des nazis depuis le début de la Seconde guerre mondiale, constituant ainsi le véritable tournant de ce conflit. Mais il faudra 3 longues années de terribles sacrifices pour repousser les armées nazies hors des frontières soviétiques de 1941 et couvrir ainsi la distance que ces dernières avaient gagnées en quelques mois à peine.

A lire:

Écrit par : jo | 02/01/2008

Les commentaires sont fermés.